
LOGISTIQUE INTERNATIONALE : DES DEFIS EN MARITIME COMME EN AERIEN
La logistique internationale fait face à un marché qui évolue rapidement. La haute saison a démarré avec plusieurs semaines d’avance, les capacités se tendent progressivement et l’environnement géopolitique, réglementaire et climatique est toujours plus complexe.
UNE PEAK SEASON PLUS FORTE ET PLUS PRECOCE QUE PREVU
Depuis la mi-mai, les volumes progressent fortement sur les principaux axes Est-Ouest. Une demande soutenue qui arrive plus tôt cette année. Les commandes liées aux projets énergétiques, notamment les panneaux solaires et les infrastructures en Afrique du Nord, la reprise du secteur automobile, la forte activité des distributeurs spécialisés dans l’équipement de la maison ainsi que les premières commandes destinées aux ventes de fin d’année contribuent à cette accélération.
Dans le même temps, les compagnies maritimes maintiennent une partie de leurs blank sailings, limitant les capacités disponibles à bord. Les navires affichent donc des taux de remplissage élevés et les taux de fret poursuivent leur hausse. La situation pourrait se poursuivre jusqu’à fin juillet au minimum, avec des réductions de capacités déjà annoncées sur les semaines 30 et 31.
A noter que le niveau de congestion mondial est au plus haut depuis 2022 avec près de 11% de la flotte mondiale immobilisée dans les ports. On constate en effet une congestion sévère notamment dans les ports majeurs asiatiques (Shanghai, Ningbo, Qingdao, Singapour) et les ports d’Europe du nord (Bremerhaven, Hamburg, Rotterdam, Anvers).
FIN DU CESSEZ-LE-FEU AU MOYEN-ORIENT
Trois navires ont été visés dans le détroit le 7 juillet, tandis que d’autres incidents impliquant un pétrolier et un navire-citerne ont également été signalés. Le Qatar et l’Arabie saoudite attribuent deux de ces attaques à l’Iran et dénoncent une menace pour la sécurité de la navigation et des approvisionnements énergétiques mondiaux.
En réponse, les États-Unis ont mené des frappes contre plus de 80 cibles en Iran. Téhéran affirme avoir riposté en ciblant des bases américaines au Koweït et à Bahreïn, tandis que des explosions ont été signalées près du terminal pétrolier stratégique de Bouchehr. Cette nouvelle escalade a entraîné une hausse de plus de 5 % du prix du pétrole.
Si un accord provisoire autorisait la libre circulation des navires pendant 60 jours, l’Iran souhaite désormais contrôler les routes maritimes et instaurer des droits de passage, une position rejetée par les États-Unis et les pays du Golfe.
Malgré ce contexte sécuritaire instable, le trafic maritime a repris dans le détroit d’Ormuz : 258 navires y ont transité la semaine dernière.
DEFIS CLIMATIQUES
Les défis climatiques continuent également de peser sur les chaînes logistiques mondiales. Au canal de Panama, les opérations de maintenance se combinent aux craintes liées au retour d’El Niño engendrant restrictions de transit et allongement des délais de passage et donc d’acheminement.
Parallèlement, le transport maritime poursuit sa transition énergétique. La propulsion vélique vient de franchir le seuil symbolique des 100 navires commerciaux équipés dans le monde. Cette progression témoigne de la volonté du secteur d’accélérer sa décarbonation tout en maîtrisant les coûts énergétiques.
LE TRAFIC AERIEN EGALEMENT SOUS PRESSION
Dans l’aérien, la pression reste forte en Asie-Pacifique. Taïwan, la Corée du Sud, la Malaisie, la Thaïlande et Singapour enregistrent toujours des tensions importantes sur les capacités vers l’Europe et les États-Unis, portées par les secteurs de l’intelligence artificielle et des semi-conducteurs. Selon WorldACD, la région représente à elle seule près de 80 % de la croissance mondiale du fret aérien cette année. Les congestions observées à Bangkok ou encore à Nhava Sheva en Inde continuent par ailleurs de perturber les flux.
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