
LOGISTIQUE INTERNATIONALE : DES DEFIS EN MARITIME COMME EN AERIEN
La logistique internationale fait face à un marché qui évolue rapidement. La haute saison a démarré avec plusieurs semaines d’avance, les capacités se tendent progressivement et l’environnement géopolitique, réglementaire et climatique est toujours plus complexe.
UNE PEAK SEASON PLUS FORTE ET PLUS PRECOCE QUE PREVU
Depuis la mi-mai, les volumes progressent fortement sur les principaux axes Est-Ouest. Une demande soutenue qui arrive plus tôt cette année. Les commandes liées aux projets énergétiques, notamment les panneaux solaires et les infrastructures en Afrique du Nord, la reprise du secteur automobile, la forte activité des distributeurs spécialisés dans l’équipement de la maison ainsi que les premières commandes destinées aux ventes de fin d’année contribuent à cette accélération.
Dans le même temps, les compagnies maritimes maintiennent une partie de leurs blank sailings, limitant les capacités disponibles à bord. Les navires affichent donc des taux de remplissage élevés et les taux de fret poursuivent leur hausse. La situation pourrait se poursuivre jusqu’à fin juillet au minimum, avec des réductions de capacités déjà annoncées sur les semaines 30 et 31.
ACCALMIE AU MOYEN-ORIENT
Sur le plan géopolitique, une accalmie semble se confirmer au Moyen-Orient à la suite de l’accord conclu entre les États-Unis et l’Iran. La situation reste toutefois fragile et plusieurs points de négociation demeurent en cours mais cet accord a permis une reprise progressive du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.
Le nombre de navires en transit augmente donc de nouveau, même si les volumes restent encore nettement inférieurs aux niveaux observés avant le conflit.
Par ailleurs, des discussions sont toujours en cours concernant le futur statut du détroit. Alors que les États-Unis défendent le principe de libre circulation, l’Iran souhaite conserver un rôle central dans son administration.
En parallèle, l’Organisation maritime internationale (OMI) coordonne actuellement une vaste opération de relève de plusieurs milliers de marins restés bloqués dans la région durant le conflit. La résorption des retards accumulés, le repositionnement des navires et la sécurisation complète des corridors maritimes devraient nécessiter plusieurs semaines, voire plusieurs mois.
Enfin, les schémas logistiques alternatifs développés ces derniers mois, via des ports de transbordement ou des solutions multimodales complémentaires, devraient être maintenus à court terme. Dans ce contexte, les tensions sur les capacités disponibles et les taux de fret pourraient perdurer malgré l’amélioration progressive de la situation.
DEFIS CLIMATIQUES
Les défis climatiques continuent également de peser sur les chaînes logistiques mondiales. Au canal de Panama, les opérations de maintenance se combinent aux craintes liées au retour d’El Niño engendrant restrictions de transit et allongement des délais de passage et donc d’acheminement.
Parallèlement, le transport maritime poursuit sa transition énergétique. La propulsion vélique vient de franchir le seuil symbolique des 100 navires commerciaux équipés dans le monde. Cette progression témoigne de la volonté du secteur d’accélérer sa décarbonation tout en maîtrisant les coûts énergétiques.
LE TRAFIC AERIEN EGALEMENT SOUS PRESSION
Dans l’aérien, la pression reste forte en Asie-Pacifique. Taïwan, la Corée du Sud, la Malaisie, la Thaïlande et Singapour enregistrent toujours des tensions importantes sur les capacités vers l’Europe et les États-Unis, portées par les secteurs de l’intelligence artificielle et des semi-conducteurs. Selon WorldACD, la région représente à elle seule près de 80 % de la croissance mondiale du fret aérien cette année. Les congestions observées à Bangkok ou encore à Nhava Sheva en Inde continuent par ailleurs de perturber les flux.
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